Le jeudi 21 mai, de 10h à 12h, j’ai eu la chance d’assister à une conférence incroyable au lycée
François Arago.
Stéphane Blain, professeur à la Sorbonne Université et chercheur au laboratoire de Banyuls-Sur-Mer, nous a expliqué avec une clarté remarquable le rôle central de l’océan dans le cycle du carbone les
mécanismes du changement climatique et plus particulièrement les émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Deux heures denses, techniques et captivantes, portées par un scientifique dont la
carrière force le respect. Au cours de cette conférence, j’ai notamment pu apprendre que l’océan offre de nombreuses solutions pour lutter contre le réchauffement climatique. En effet, c’est un puits de carbone naturel qui absorbe et stocke plus de 9,2 Gt de CO2/an (normalement censé être rejeté dans l’atmosphère à cause de nos activités). Son fonctionnement repose sur plusieurs mécanismes et écosystèmes marins très
complexes que ce chercheur a su parfaitement nous vulgariser. Stéphane Blain fait également partie d’un projet mené par une poignée de scientifiques qualifiés qui consiste justement à comprendre plus précisément le fonctionnement de ces puits océaniques. Les analyser, les modifier, les améliorer ou encore même les reproduire sont la clé pour trouver de nouvelles alternatives afin de s’adapter à la modification rapide du climat. Le but est aussi de réussir à calculer la quantité de CO2 que l’eau peut encore absorber pour prévenir des limites du puits. L’océan absorbe nos erreurs. Jusqu’à quand ?
Mais, ce qui m’a le plus plu, c’était de découvrir le quotidien de ces chercheurs lors de ces expéditions dans les océans, plus précisément dans l’océan Austral. Au milieu de cet océan glacial proche de l’Antarctique, une île isolée du reste du monde attire particulièrement leur attention : Kerguelen. Ici, dans cette étrange oasis à phytoplancton, plusieurs scientifiques vivent dans des conditions extrêmes et dans des habitations précaires pendant de longues semaines afin de prélever et d’analyser des échantillons du célèbre glacier français et surtout des micro-organismes (indispensables au puits océanique) qui sont présents dans l’eau aux alentours. La vie de ces chercheurs/ingénieurs dans le bateau pour parvenir à l’île m’a également beaucoup intéressé. Faire face à des tempêtes avec des vagues de plusieurs dizaines de mètres de haut, supporter l’ennui et le tangage du bateau, prélever, conditionner et travailler avec des échantillons parfois faussés par l’embarcation, tout cela représente en réalité une journée banale pour ces amoureux de l’océan qui œuvrent en secret pour réparer nos erreurs passées. Ainsi, cette conférence m’a énormément fascinée car elle m’a appris un nombre incalculable de choses dont je n’avais jamais entendu parler, certaines parfois assez complexes mais toujours très intéressantes. Merci beaucoup à Stéphane Blain pour ces explications fascinantes sur l’océan et le changement climatique.
Gilles Benjamin 2e5
